« Lors de la consultation du Plan Local d’Urbanisme Métropolitain (PLUM) pour notre secteur, nous avons découvert un projet de « liaison douce » empruntant la longueur de l’impasse « Kerfontaine ». Cette liaison douce traverserait un mur en pierre existant pour se prolonger jusqu’au Boulevard Michelet en passant par une résidence d’immeubles. »

Ce cas concret, vécu par l’un de nos adhérents, soulève une question cruciale pour les gestionnaires de voies privées : Une collectivité peut-elle imposer un passage public sur une voie privée gérée par une Association Syndicale Autorisée (ASA) ?


Voies privées et liaisons douces : Un cadre juridique précis

En France, une voie privée appartient aux propriétaires riverains qui en assurent l’entretien et la gestion, souvent par l’intermédiaire d’une ASA. Selon le droit français, une collectivité publique ne peut pas ouvrir un accès à une voie privée non ouverte à la circulation publique sans l’accord des propriétaires concernés.

Cette position a été confirmée par une décision du Conseil d’État du 25 octobre 2024, stipulant qu’une commune porterait atteinte au droit de propriété en créant un accès public sans le consentement préalable des propriétaires concernés. Vous pouvez consulter cette décision en détail sur le site du Conseil d’État : Décision du Conseil d’État du 25 octobre 2024.


Que faire si votre voie privée est concernée par un projet de liaison douce ?

Si un projet d’urbanisme prévoit l’aménagement d’une liaison douce passant par votre voie privée, plusieurs démarches sont possibles :

  1. Vérifiez les statuts de votre ASA :
    • Consultez les documents constitutifs de l’association pour connaître les modalités de décision sur des modifications impactant les parties communes.
    • Organisez une assemblée générale pour discuter du projet avec les copropriétaires concernés.
  2. Consultez les documents d’urbanisme :
    • Rendez-vous à la mairie ou consultez le site de Nantes Métropole pour accéder au PLUM et aux études d’impact du projet.
    • Vérifiez si la voie privée est mentionnée comme future liaison douce et sous quelle classification.
  3. Échangez avec la collectivité locale :
    • Entrez en contact avec les services d’urbanisme de la métropole pour obtenir des explications détaillées sur le projet.
    • Exprimez vos questions et préoccupations de manière constructive pour explorer des solutions alternatives.
  4. Recours juridiques en dernier recours :
    • Si aucune entente n’est trouvée, il est possible de consulter un avocat spécialisé en droit de la propriété ou en droit public.
    • Un recours devant le tribunal administratif peut être envisagé pour contester le projet s’il contrevient aux droits de propriété des riverains.

Pourquoi est-ce important pour les gestionnaires de voies privées ?

Les projets de liaisons douces répondent à une volonté d’encourager les mobilités alternatives (piétons, vélos) pour un urbanisme durable. Toutefois, lorsqu’ils concernent des voies privées, ils soulèvent des questions sur le respect du droit de propriété et sur les responsabilités en termes d’entretien et de sécurité.

Pour les gestionnaires de voies privées, il est essentiel de :

  • Comprendre le cadre juridique entourant l’ouverture de passages publics sur des voies privées.
  • Anticiper les implications en termes de responsabilité et d’entretien.
  • Se tenir informé des évolutions des documents d’urbanisme pour pouvoir réagir en amont.

Conclusion : Anticiper et informer pour mieux gérer

Les gestionnaires de voies privées doivent rester attentifs aux projets d’urbanisme susceptibles de modifier l’usage de leurs voies. En s’informant et en consultant les documents d’urbanisme dès leur mise à disposition, il est possible de mieux anticiper les impacts potentiels et de réagir en conséquence.

En cas de doute ou de projet impactant votre voie privée, n’hésitez pas à vous rapprocher de professionnels du droit de la propriété ou de l’urbanisme pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.


Cet article vise à informer les gestionnaires de voies privées sur les implications juridiques et pratiques des projets de liaisons douces dans un cadre urbain. Il s’appuie sur un exemple local tout en offrant une perspective plus générale utile à d’autres gestionnaires dans des situations similaires.


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